Les nouveaux chiens de garde

Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Orange Cinéma, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le Figaroscope - Sébastien le Fol le 18/01/2012
Dans leur documentaire, adapté d'un essai de Serge Halimi, les réalisateurs Gilles Balbastre et Yannick Kergoat instruisent le procès de ces «nouveaux chiens de garde» Ce ball-trap sur grand écran vise juste parfois. Mais sa charge se révèle beaucoup trop manichéenne pour convaincre. Collusions, accointances, soumission aux groupes industriels, copinages avec les politiques…
Le Monde - Jacques Mandelbaum le 18/01/2012
Si le film, dont le spectre va de TF1 au Monde, se maintenait à cette hauteur-là, on ne pourrait que se féliciter du rôle d'aiguillon qu'il se propose de jouer. Le problème, c'est que les auteurs troquent souvent l'aiguillon contre la massue. Il s'agit ici d'une question qui engage à la fois la forme et le fond. Montage d'archives, témoignages à charge et discours-maître en voix off constituent une structure peu favorable, en effet, à l'expression du pluralisme des opinions et de la complexité du réel. Le mélange entre la charge polémique et la pensée argumentée brouille par ailleurs la donne, ce qui s'avère justifié dans une catégorie ne l'étant pas nécessairement pour l'autre. La politique de l'extrait choisi d'archives, associée à la stigmatisation individuelle de personnes auxquelles on n'accorde pas le moindre droit de réponse, sont à ce titre des procédés contestables.
L'Express - Thierry Chèze le 18/01/2012
Un docu pédagogique qui a la mérite de créer le débat. Le sens pédagogique de ce documentaire et la qualité du travail d'archives et de montage font pencher la balance du côté de ses auteurs, qui pointent les dérives de la situation.Ce brûlot a le mérite de créer un débat. La parole est désormais à la défense
Libération - Raphaël Garrigos, Isabelle Roberts le 18/01/2012
«Les Nouveaux Chiens de garde» épingle ménages et collusion des journalistes, mais oublie Sarkozy. Un film qui met en colère Jean-Michel Aphatie («réchauffé d’une vieille daube»,«has been TV», peste-il sur Twitter) ne peut pas être totalement mauvais. Du lu et du relu certes, mais l’image, l’archive et le montage étoffent le propos. Tout est toujours pareil, rien n’a changé depuis le livre d’Halimi en 1997, nous hurle le film pendant 1 h 44. Sauf que si, ça a changé et c’est pire. Il est un immense absent dans ces Nouveaux Chiens de garde. Du pouvoir politique, les auteurs ne retiennent que le cocasse Alain Peyrefitte dictant son JT à Léon Zitrone. Rien, ou si peu, de Nicolas Sarkozy qui, en s’attribuant la nomination des présidents de l’audiovisuel public, a légitimé le statut de chien de garde. Celui qui s’est offert la laisse.
Télérama - Mathilde Blottière le 18/01/2012
En 1997, Serge Halimi publie Les Nouveaux Chiens de garde, qui dénonce l'hégémonie d'un certain nombre de journalistes, éditorialistes et autres experts autoproclamés. Sous couvert d'exalter le pluralisme et l'objectivité, ils seraient les porte-parole de la pensée unique au service de la classe dominante. A ce jeu de massacre salutaire, on aurait souhaité que les jeunes générations soient autant visées que les vieux de la vieille (Jean-Pierre Elkabbach, Christine Ockrent, Laurent Joffrin). Les deux réalisateurs, marqués à gauche, insistent - un peu lourdement - sur le mépris de classe de ces princes du PAF. Mais leur décryptage soulève une vraie question : l'oligarchie médiatique est-elle soluble dans la démocratie ?









